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L'intervision, une méthode innovante et participative

 

Depuis un an et demi, la CSD compte dans ses rangs une psychologue en intervision. Kathelyne, c’est son nom, nous en dit plus sur cette méthode de travail innovante qui vise à faire émerger collectivement des solutions entre professionnels.

Bonjour Kathelyne ! Peux-tu nous expliquer en quelques mots ce qu’est l’intervision ?

L’intervision est une rencontre entre professionnels qui exercent le même métier. L’idée est de se dire : pour former les collègues, il n’y a pas mieux que les collègues ! Ils échangent sur une problématique commune afin de faire émerger les pistes de solution. Le but est de favoriser les échanges, d’exposer les difficultés, mais aussi de briser la solitude des métiers du domicile. Ils vont pouvoir tester de nouvelles pratiques, puis les évaluer par la suite, car l’intervision est un phénomène cyclique avec plusieurs rencontres fixées sur l’année.

Pratiquer l’intervision, c’est faire émerger de nouvelles méthodes de travail ?

Oui, nous voulons mettre en place des outils qui aideront les travailleurs dans leur quotidien. L’idée est d’aller chercher ce qui fonctionne pour l’étendre au groupe. Dans cette optique, un rapport est d’ailleurs rédigé après chaque intervision et envoyé à l’ensemble des acteurs impliqués. Le but est d’harmoniser les pratiques et de ramener de la cohérence dans les équipes. Nous avons tous besoin d’avoir des balises et de savoir comment procéder.

Et toi, quel est ton rôle durant ces intervisions ?

Mon premier rôle est de cadrer les échanges et de créer un sentiment de confiance. Je rappelle que l’on travaille dans le cadre du secret professionnel : tout ce qui est dit en intervision reste en intervision. On se met un peu à nu. Le but est de déposer les sacs de briques qu’elles portent depuis très longtemps. J’ai aussi un rôle de valorisation qui, je pense, est essentiel. Chacun, à son niveau de compétence, a quelque chose à transmettre à ses collègues. Ils ne s’en rendent pas toujours compte, donc mon rôle en tant que psychologue est aussi de leur en faire prendre conscience.

Sur quelles thématiques as-tu déjà travaillé ?

J’ai commencé à travailler l’an dernier avec les équipes d’aides familiales qui ont souffert des inondations. D’habitude, reprendre le travail fait généralement du bien après avoir vécu quelque chose de difficile. Mais ici, il y a un effet miroir quand elles se rendent en famille. La réalité que vivent leurs bénéficiaires les renvoie quotidiennement à ce qu’elles ont vécu. Les inondations, ce n’est pas fini. Beaucoup sont encore dans les travaux ou en attente de primes. Il faut pouvoir gérer ce stress et celui des bénéficiaires. Ce sont des filles fortes qui ne se plaignent pas, mais leurs gestionnaires d’équipe voulaient leur offrir préventivement un outil pour qu’elles puissent se décharger.

Tu envisages d’explorer d’autres pistes de travail ?

Cette année, j'ai aussi travaillé avec les collègues du call center et de la télévigilance sur la problématique du deuil et du suicide. Comment réagir quand j’ai quelqu’un en ligne qui me dit « Je suis au bout du rouleau » ? Là aussi, c’était une demande des gestionnaires, car c’est une réalité que les équipes vivent au quotidien à la décroche. J'ai également proposé des intervisions sur les thématiques des aidants proches toxiques, des familles exigeantes, de la maladie d'Alzheimer, et bien d'autres encore. 

Merci Kathelyne, et bonne continuation dans ton travail !