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Les aides familiales au secours de Marguerite

29 avril 2019
 

Mars 2020. Le coronavirus se répand en Belgique. Très rapidement, la CSD se prépare à se rendre chez des bénéficiaires touchés par la maladie. Leur prise en charge est primordiale pour éviter la saturation des hôpitaux. Du coup, quand Marguerite (100 ans en octobre) est déclarée positive, ses aides familiales font tout pour l’aider à traverser cette épreuve.

Quand on la rencontre pour la première fois, difficile de croire que Marguerite va vers ses 100 ans. Malgré quelques difficultés pour se déplacer, cette résidente de la région liégeoise n’a rien perdu de sa vivacité d’esprit. Confortablement installée dans son fauteuil, elle nous raconte comment le COVID-19 a failli lui jouer un mauvais tour. « C’était terrible. En quelques heures, je ne savais plus respirer. J’ai sonné à mon infirmier pour lui dire que je n’en pouvais plus. Un quart d’heure plus tard, il était chez moi. J’avais de la température. Il a alors consulté mon médecin qui a de suite appelé une ambulance ».

Heureusement pour elle, son séjour à l’hôpital fut de courte durée. « Comme je suis toute seule chez moi, j’avais demandé s’ils ne savaient pas me garder un petit peu plus longtemps. Ils ont dit non, car je n’avais plus besoin d’oxygène ». Marguerite ne le sait pas encore, mais elle va devenir le premier cas « COVID » du service Aide aux Familles. Une plongée dans l’inconnu pour ses aides familiales. « On ne va pas se mentir, ça a été un peu la panique au début », explique Chantale. « Et puis Séverine, notre gestionnaire d’équipe, nous a annoncé qu’elle ouvrait le bal en nous déposant le matériel chez Madame. Dès le premier jour, on était informées et on avait tout ce qu’il fallait pour être protégées ».

À son retour, Marguerite était fort faible. « Elle ne tenait pas sur ses jambes », raconte son aide familiale. « Elle a repris des forces petit à petit. Après quinze jours, elle a pu à nouveau manger à table ». Cependant, notre presque centenaire était inquiète. « Quand je suis revenue, j’étais encore contagieuse. J’avais peur pour les autres », souligne-t-elle. Chantale détaille : « Madame étant très respectueuse, elle ne voulait pas manger pour ne pas devoir enlever son masque en notre présence. Nous avons dû insister pour qu’elle dîne tant que c’était encore chaud »

Quelques festins plus tard, Marguerite a commencé à reprendre des forces. « On se tenait au courant avec les filles et on notait les évolutions. Il y avait une belle solidarité entre nous », se souvient Chantale. « Après quinze jours, Madame a effectué une nouvelle prise de sang qui était négative ». Marguerite était guérie du COVID-19. « Elle n’a gardé aucune séquelle. Dès qu’elle a été mieux, on lui a remis plus d’heures pour qu’elle continue à bien manger ».

De nombreuses familles ont ainsi pu compter sur les services de la CSD durant ces mois compliqués.

Grâce à ses aides familiales, cette bénéficiaire a pu rester chez elle, à l’abri des risques que comportait un séjour à l’hôpital en pleine crise sanitaire. Marguerite n’est pas la seule. De nombreuses familles ont ainsi pu compter sur les services de la CSD durant ces mois compliqués. Si cette réussite a été rendue possible, c’est aussi grâce au travail acharné des assistantes sociales et des administratives du contact center qui se sont démenées pour réorganiser les horaires, rassurer les collègues de terrain et leur fournir du matériel adapté.

« L’équipe s’est soutenue, on a avancé ensemble », souligne Séverine, assistante sociale. « Elles ont toutes fait preuve de courage et de professionnalisme. Les difficultés étaient pourtant nombreuses. On se demande toujours si on a fait les bons gestes, si on n’a pas le virus sur soi. Mais c’était nécessaire, car Madame n’avait pas d’autres solutions que de rester chez elle. Grâce à nos services, on a pu la sauver. Cela souligne l’importance de l'accompagnement à domicile. Le métier d’aide familiale est extraordinaire. Il doit être valorisé ».  

Une profession que Chantale adore pratiquer. « Je suis aide-soignante à la base. J’ai renoncé à mon statut pour devenir aide familiale, car j’aime prendre le temps avec les personnes », précise-t-elle. Après une période compliquée qui a nécessité quelques adaptations, elle était heureuse de retrouver ses familles. « Même si cette période s’est bien passée, je suis contente de travailler à nouveau sur mon secteur et de vivre des instants agréables avec mes bénéficiaires ».  

Marguerite, elle aussi, apprécie ces moments passés avec ses aides familiales. « À mon retour de l’hôpital, j’étais contente de les revoir. Elles sont gentilles, je les aime bien ! Grâce à elles, je me porte mieux », glisse-t-elle. Avant que nos chemins se séparent, celle-ci nous rappelle une dernière fois à quel point il faut rester prudent : « C’est une crasse, cette maladie ! J’étais serrée. Il faut faire attention ».

Promis, Marguerite. On ne baisse pas la garde !